La rĂ©gularisation des charges locatives consiste Ă ajuster les sommes versĂ©es par le locataire en fonction des charges rĂ©elles supportĂ©es par le bailleur. Les charges rĂ©cupĂ©rables et la procĂ©dure pour les rĂ©clamer sont strictement dĂ©finies par la loi. En cas de dĂ©saccord, les parties disposent de plusieurs recours pour trouver une solution. Voici tout ce quâil faut savoir.
La régularisation de charges locatives consiste à comparer les provisions versées par le locataire avec les dépenses réelles engagées par le bailleur sur une période donnée (souvent une année).
Lorsque le locataire rĂšgle des provisions pour charges, leur montant est en effet estimĂ© Ă lâavance. Or les charges rĂ©elles peuvent ĂȘtre supĂ©rieures ou infĂ©rieures Ă cette estimation.
La rĂ©gularisation permet donc dâajuster les comptes :
La provision sur charges est une avance versĂ©e pĂ©riodiquement (gĂ©nĂ©ralement chaque mois) par le locataire. Ce systĂšme sâapplique obligatoirement aux locations vides soumises Ă la loi de 1989, câest-Ă -dire aux rĂ©sidences principales non meublĂ©es.
Le montant des provisions repose sur une estimation des charges rĂ©cupĂ©rables rĂ©elles, comme lâentretien des parties communes ou la taxe dâenlĂšvement des ordures mĂ©nagĂšres.
Le forfait de charges correspond Ă un montant fixe payĂ© chaque mois en complĂ©ment du loyer. La grande diffĂ©rence est quâil nây a aucune rĂ©gularisation possible Ă la fin de lâannĂ©e. Ce mode de calcul est souvent utilisĂ© en location meublĂ©e ou en colocation.
Il simplifie la gestion du bien, mais prĂ©sente un inconvĂ©nient majeur : le bailleur ne peut pas rĂ©clamer un complĂ©ment si les charges dĂ©passent le montant prĂ©vu. Notez que le montant de ce forfait peut ĂȘtre rĂ©visĂ© chaque annĂ©e aux mĂȘmes conditions que le loyer.
Le bailleur est dans l'obligation de procĂ©der Ă la rĂ©gularisation des charges locatives au moins une fois par an. Cette rĂ©vision intervient aprĂšs la rĂ©ception des comptes dĂ©finitifs des charges, quâil sâagisse dâune copropriĂ©tĂ© ou dâune monopropriĂ©tĂ© (si lâimmeuble est en gestion unique).
Le bailleur doit en informer le locataire un mois Ă lâavance. Cette notification permet au locataire de prendre connaissance des montants Ă rĂ©gulariser et de consulter les justificatifs des charges.
ConformĂ©ment Ă lâarticle 7-1 de la loi de 1989, le bailleur dispose dâun dĂ©lai de 3 ans pour rĂ©clamer les sommes dues (Ă compter de la fin de lâannĂ©e concernĂ©e). PassĂ© ce dĂ©lai, il ne peut plus procĂ©der Ă une rĂ©vision de charges.
La rĂ©gularisation sera considĂ©rĂ©e comme tardive si elle intervient au-delĂ dâun an aprĂšs la fin de lâannĂ©e concernĂ©e. Dans ce cas, le locataire peut demander Ă rĂ©gler ce complĂ©ment en 12 fois.
Pour calculer la régularisation des provisions pour charges, le bailleur doit appliquer la formule suivante :
DĂ©penses rĂ©elles â Provisions versĂ©es = Solde Ă rĂ©gulariser
Si les provisions sont supĂ©rieures aux dĂ©penses, le locataire a versĂ© un trop-perçu. Il doit donc ĂȘtre remboursĂ©. Ă l'inverse, si les provisions sont insuffisantes, le locataire devra effectuer un paiement complĂ©mentaire pour couvrir la diffĂ©rence.
Prenons l'exemple de Monsieur X. Son loyer mensuel est de 1 000 âŹ. Ă la fin de l'annĂ©e, les charges rĂ©elles s'Ă©lĂšvent Ă 1 200 âŹ.
Le solde sera :
Lorsqu'un locataire entre ou sort du logement en cours d'annĂ©e, la rĂ©gularisation des charges doit ĂȘtre proratisĂ©e en fonction du nombre de mois passĂ©s dans le logement.
Imaginons que Monsieur X entre dans son logement en avril et le quitte en dĂ©cembre. Les charges annuelles sont de 1 200 âŹ, soit 100 ⏠par mois.
Il a payĂ© 900 ⏠de provisions pendant 9 mois. Comme les charges rĂ©elles pour cette pĂ©riode sont aussi de 900 âŹ, il n'y a aucune diffĂ©rence Ă rĂ©gler.
En revanche, si Monsieur X avait payĂ© 1 000 ⏠de provisions, il aurait versĂ© 100 ⏠de trop. Cette somme devrait lui ĂȘtre remboursĂ©e.
Les charges récupérables sont définies par le décret 87-713 du 26 août 1987. Elles sont réparties en trois catégories principales :
| Catégorie | Détail des charges récupérables |
|---|---|
| Ascenseur / Monte-charge |
|
| Eau et chauffage collectifs |
|
| Installations individuelles | Entretien des Ă©quipements de chauffage, eau chaude, distribution dâeau dans les parties privatives |
| Parties communes intérieures |
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| Espaces verts et extérieurs |
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| Personnel dâimmeuble / concierge |
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| Taxes et redevances |
|
Le bailleur ne peut pas récupérer les charges suivantes :
En revanche, sâil est en LMNP au rĂ©gime rĂ©el, il peut dĂ©duire certaines de ces charges de ses recettes locatives.
Le propriétaire doit envoyer au locataire un décompte des charges au moins un mois avant la mise à jour annuelle des charges locatives.
Dans ce décompte, il faut :
Le locataire doit aussi avoir accĂšs aux justificatifs (factures, contrats dâentretien, relevĂ©s) pendant une durĂ©e de 6 mois.
Le bailleur n'a pas l'obligation d'envoyer ce courrier de régularisation en recommandé. Un courrier simple ou un mail suffit. Sa seule obligation est de transmettre une synthÚse claire de ses dépenses au locataire.
Oui, mais lâactualisation des provisions est recommandĂ©e uniquement si l'Ă©cart entre les sommes versĂ©es et les charges rĂ©elles dĂ©passe 20 %.
Le bailleur doit aussi veiller à ne pas baser cet ajustement de charges locatives sur une année exceptionnelle (comme des travaux ou une consommation inhabituelle de chauffage).
Si le locataire a un doute sur certaines charges, il peut demander des justificatifs à son propriétaire (factures, contrats, etc.). Le propriétaire doit fournir ces documents dans un délai raisonnable, généralement dans les 30 jours suivant la demande du locataire.
Si le locataire estime que les charges sont incorrectes, il peut adresser une rĂ©clamation Ă©crite au bailleur dans les 2 mois suivant la rĂ©ponse du propriĂ©taire. Si aucune solution amiable nâest trouvĂ©e, le locataire peut alors saisir la Commission de Conciliation dans un dĂ©lai de 2 mois aprĂšs la rĂ©clamation.
En dernier recours, si le conflit persiste, le locataire peut porter lâaffaire devant le tribunal judiciaire.
Le bailleur a l'obligation de prouver que ces charges sont bien liées à des dépenses réelles. Il doit pouvoir les justifier par des factures ou des contrats.
De plus, le propriĂ©taire ne peut pas faire de bĂ©nĂ©fice sur ces charges. Cela signifie que les charges doivent ĂȘtre refacturĂ©es au locataire exactement au montant qu'elles ont coĂ»tĂ© au propriĂ©taire, sans y ajouter de marge. Par exemple, si le propriĂ©taire paye 100 euros pour des frais de nettoyage dans les parties communes, il ne peut pas demander 120 euros Ă son locataire.
Oui, mais uniquement lors du départ du locataire et sous certaines conditions :
En cas de retenue sur le dĂ©pĂŽt de garantie, le propriĂ©taire doit justifier les sommes retenues, notamment Ă lâaide de factures, de devis ou du dĂ©compte annuel des charges.
Afin dâĂ©viter tout litige, il est conseillĂ© dâinclure les clauses suivantes dans votre bail de location :
Si le locataire ne paie pas ses charges locatives, le propriétaire peut réclamer les sommes dues en suivant les étapes suivantes :
Si le locataire quitte le logement en laissant des charges impayées, le propriétaire peut engager une procédure judiciaire pour récupérer les sommes dues, notamment par une injonction de payer.
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La mise Ă jour des charges a lieu au moins une fois par an, gĂ©nĂ©ralement aprĂšs la fin de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. Par exemple, pour des charges liĂ©es Ă l'annĂ©e 2025, la rĂ©gularisation devra ĂȘtre faite avant la fin de l'annĂ©e 2026.
Le locataire doit uniquement payer les charges dites « récupérables ». Celles-ci sont définies par le décret n°87-713 du 26 août 1987.
Le bailleur doit envoyer un décompte annuel des charges à son locataire. Il doit expliquer ses calculs, en précisant les provisions déjà versées et le solde à payer ou à rembourser.
Le bailleur peut demander un complément ou un ajustement des charges locatives jusqu'à 3 ans aprÚs la fin de l'année de régularisation.
Les charges peuvent varier en fonction de la surface du logement, du nombre dâoccupants ou dâautres critĂšres prĂ©vus dans le bail. Par ailleurs, certaines charges peuvent ĂȘtre individuelles, comme la consommation d'eau ou dâĂ©lectricitĂ©. Elles sont donc calculĂ©es en fonction de la consommation propre de chaque locataire.
Oui. Cette régularisation doit avoir lieu dans l'année suivant la fin du bail, tant que la période concernée était bien sous la responsabilité du locataire.
Le locataire peut contester cette régularisation en envoyant une lettre recommandée au bailleur. Celui-ci doit lui remettre des justificatifs. En l'absence d'accord entre les parties, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou, si nécessaire, engager une procédure judiciaire.
Article rédigé par Stéfano Demari