Les rÚgles relatives à la location en courte durée se sont durcies ces derniers mois : baisse des plafonds du micro-BIC, réduction du taux d'abattement forfaitaire, restriction possible à 90 jours pour les résidences principales.
MalgrĂ© ce contexte moins favorable, Airbnb continue d'attirer ceux qui visent un rendement supĂ©rieur Ă celui de la location classique. Mais cette promesse tient-elle toujours ? Rendement brut, charges, fiscalitĂ© : nous faisons le point sur la rentabilitĂ© dâun Airbnb en 2026.
La rentabilitĂ© reflĂšte la performance globale dâun investissement immobilier. Elle prend en compte non seulement les revenus locatifs perçus, mais aussi les charges liĂ©es au bien, les impĂŽts et taxes, ainsi que lâĂ©ventuelle plus-value rĂ©alisĂ©e lors de la revente.
Le rendement, quant Ă lui, correspond au rapport entre les revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par le bien et le montant investi. Il sâexprime gĂ©nĂ©ralement en pourcentage annuel. On distingue le rendement brut (avant charges) et le rendement net (aprĂšs charges).
Bon à savoir : Vous pouvez aussi entendre parler du rendement net-net (ou rendement net fiscal). Il correspond au rendement aprÚs déduction de toutes les charges, mais aussi des impÎts et taxes.
Voici concrĂštement les formules Ă appliquer :
Rendement brut = (loyers annuels / prix dâachat) Ă 100
Rendement net = [(loyers annuels â charges) / prix dâachat] Ă 100
Rendement net-net = [(loyers annuels â charges â impĂŽts â taxes) / prix dâachat] Ă 100
Supposons que vous achetiez un bien 200 000 âŹ. Il gĂ©nĂšre 20 000 ⏠de loyers annuels. Les charges liĂ©es Ă lâexploitation (mĂ©nage, entretien, charges de copropriĂ©tĂ©, etc.) sâĂ©lĂšvent Ă 6 000 ⏠par an. Ă cela sâajoutent environ 3 000 ⏠dâimpĂŽts et taxes annuels.
Le rendement brut correspond au rapport entre les loyers perçus et le prix dâachat, soit ici 10 %. En dĂ©duisant les charges dâexploitation, le rendement net descend Ă 7 %. Enfin, en intĂ©grant Ă©galement les impĂŽts et taxes, le rendement net-net sâĂ©tablit autour de 5,5 %.
Dans vos calculs, vous ne devez pas oublier dâintĂ©grer les charges suivantes (selon votre situation) :
les frais Airbnb (généralement entre 14 % et 16 % du montant des réservations) ;
la gestion par une conciergerie (15 % Ă 20 % des revenus locatifs) ;
les frais de ménage et maintenance ;
les charges de copropriété, souvent plus élevées surtout dans les résidences avec équipements collectifs
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Les + :
Les données observées en 2025 confirment une rentabilité brute moyenne comprise entre 6 % et 10 %. Ces chiffres varient selon la localisation, la qualité du bien et son mode de gestion. Par exemple, dans les grandes métropoles comme Paris ou Lyon, le rendement brut se situe souvent autour de 8 à 10 %. En zones touristiques (trÚs concurrentielles), il peut tomber à 6 % voire moins.
Les revenus mensuels moyens des bailleurs se situent entre 2 000 ⏠et 4 700 âŹ, selon la localisation et la pĂ©riode. Ces chiffres cachent des Ă©carts importants liĂ©s Ă la saisonnalitĂ© et Ă la typologie des zones. En mĂ©tropole, le taux dâoccupation moyen varie gĂ©nĂ©ralement entre 60 % et 70 %.
Dans les zones touristiques, ce taux fluctue fortement selon la saison, pouvant dépasser 80 % en haute saison et tomber sous les 40 % en basse saison.
Enfin, comparĂ© Ă la location longue durĂ©e, Airbnb gĂ©nĂšre en moyenne jusquâĂ 2,6 fois plus de revenus bruts.
Pour évaluer votre rentabilité, vous devez aussi tenir compte des récentes évolutions réglementaires :
la location dâune rĂ©sidence principale reste plafonnĂ©e Ă 120 jours par an, mais la mairie oĂč se situe le bien peut dĂ©cider de la limiter Ă 90 jours ;
les
plafonds et les
taux dâabattement du rĂ©gime micro-BIC ont Ă©tĂ©
abaissés.
Les données récentes confirment par ailleurs une hausse de la concurrence pour la location de courte durée.
Le nombre dâannonces Airbnb a explosĂ© dans plusieurs grandes villes, avec une hausse pouvant dĂ©passer 119 %. Cette forte croissance de lâoffre crĂ©e une pression importante sur les prix et sur les taux dâoccupation.
Un logement bien situé, proche des transports, des commerces ou des zones touristiques, attire plus facilement les voyageurs.
La localisation influence aussi le type de public visĂ© : clientĂšle dâaffaires en centre-ville, touristes prĂšs des sites culturels ou balnĂ©aires. Ce positionnement va jouer sur votre volume de rĂ©servations et vos tarifs.
Les appartements T2 et T3 sont souvent plus rentables que les studios. Ils attirent particuliĂšrement les familles et les petits groupes.
Ces locataires sont prĂȘts Ă payer des tarifs plus Ă©levĂ©s pour bĂ©nĂ©ficier dâun espace confortable et adaptĂ© Ă leurs besoins.
Des photos soignĂ©es, une description claire et attractive : tout commence par une annonce qui donne envie. Plus elle capte lâattention, plus elle gĂ©nĂšre de rĂ©servations.
La maniĂšre dont le bien est gĂ©rĂ© impacte aussi les performances. RĂ©pondre vite aux messages, anticiper les besoins des voyageurs, assurer un accueil sans accroc : ces Ă©lĂ©ments sont indispensables pour obtenir des avis positifs et amĂ©liorer le taux dâoccupation.
La demande grimpe pendant les vacances scolaires, les longs week-ends ou les grands Ă©vĂ©nements locaux. Ă lâinverse, certaines pĂ©riodes creuses font chuter lâactivitĂ©.
Le bailleur peut lisser ses rĂ©servations sur lâannĂ©e en ciblant Ă la fois les touristes et les voyageurs d'affaires.
Louer en Airbnb peut faire grimper vos revenus. Un T2 Ă 90 âŹ/nuit, louĂ© 20 jours par mois, rapporte 1 800 âŹ, bien plus quâun loyer classique Ă 850 âŹ. Mais cela implique dây consacrer du temps.
Vous devrez crĂ©er une annonce de qualitĂ©, rĂ©pondre rapidement aux messages, gĂ©rer les entrĂ©es/sorties, organiser le mĂ©nage, etc. Ce modĂšle de location implique aussi dâaccepter des pĂ©riodes creuses.
La location classique, elle, vous garantit des loyers réguliers, avec peu de turnover et une gestion plus simple. En contrepartie, le rendement est généralement inférieur et les hausses de loyer sont encadrées.
Le coliving peut ĂȘtre un compromis intĂ©ressant. Ce type de location se distingue de la colocation classique, car les locataires disposent de services mutualisĂ©s (mĂ©nage, abonnements numĂ©riques, conciergerie, etc), en plus des espaces communs.
Les propriĂ©taires pratiquent gĂ©nĂ©ralement des loyers supĂ©rieurs Ă ceux dâune location meublĂ©e classique. Le turnover est Ă©galement plus modĂ©rĂ©, ce qui limite le temps Ă consacrer Ă la gestion. Le rendement moyen reste toutefois infĂ©rieur Ă un logement en Airbnb.
Il est conseillĂ© dâajuster ses prix rĂ©guliĂšrement. Par exemple, vous pouvez les baisser en basse saison pour avoir plus de rĂ©servations et les augmenter lors des Ă©vĂ©nements locaux (festivals, salons professionnels, Ă©vĂ©nements sportifs, etc.) ou en pĂ©riode estivale.
Pour vous aider, vous pouvez utiliser des outils comme AirDNA ou Lodgify Dynamic Pricing. Ils vous aident à optimiser vos tarifs en fonction de la demande du marché.
Nous le disions, la gestion d'une location saisonniĂšre peut vite devenir chronophage. Il existe des solutions pour vous aider :
Mettre en place un check-in sans contact pour permettre Ă vos locataires dâentrer dans les lieux, sans que vous soyez prĂ©sent ;
Automatiser certaines de vos réponses (confirmation, consignes, remerciements) ;
Utiliser un Channel Manager pour synchroniser vos calendriers si vous louez sur plusieurs plateformes (pour éviter les doubles réservations) ;
Faire appel Ă une conciergerie locale pour le mĂ©nage et lâaccueil, surtout si vous ne vivez pas Ă proximitĂ©.
Votre niveau de charges va bien sûr jouer sur votre rentabilité. Pour réduire vos dépenses, vous pouvez :
proposer la réservation directe, sans passer par une plateforme de réservation. Ainsi, aucune commission ne sera prélevée sur vos revenus ;
nĂ©gocier les tarifs avec vos prestataires (mĂ©nage, maintenance, conciergerie). Demander un forfait mensuel plutĂŽt quâun prix Ă la prestation peut ĂȘtre avantageux.
opter pour des équipements solides et durables (literie de qualité, électroménager fiable). Cela limitera les pannes et les remplacements.
Les avis positifs vont vous faire remonter dans les résultats de la plateforme. Cela inspire aussi confiance et augmente le taux de réservation.
Pour obtenir de bons retours, vous devez personnaliser lâaccueil des locataires : un petit mot de bienvenue, des recommandations locales ou quelques spĂ©cialitĂ©s culinaires font toujours plaisir.
Montrez-vous Ă©galement rĂ©actif si lâun de vos clients a une question ou un problĂšme. Vous devez aussi rĂ©pondre Ă chaque avis, mĂȘme sâil est nĂ©gatif.
Autre façon de se démarquer : vous pouvez collaborer avec des commerces ou des prestataires locaux pour proposer des avantages à vos clients (réduction dans un restaurant, visites guidées, location de vélos, etc.).
Il faut aussi adapter votre logement aux besoins de votre clientĂšle. Par exemple :
un bureau confortable et une bonne connexion internet pour les professionnels ;
un lit bébé et des jeux pour les familles ;
des guides multilingues et des adaptateurs électriques pour les voyageurs étrangers.
La rĂ©ponse est oui. La location en Airbnb reste rentable en 2026, mais elle nĂ©cessite une gestion rigoureuse de votre part. Le modĂšle a Ă©voluĂ© et la concurrence sâest intensifiĂ©e : il ne suffit plus de publier une annonce pour gĂ©nĂ©rer des revenus. Les voyageurs attendent une qualitĂ© de service qui fera la diffĂ©rence.
Pour rester attractif, vous devez donc ĂȘtre attentif Ă lâexpĂ©rience client, optimiser vos prix, automatiser ce qui peut lâĂȘtre et limiter les pĂ©riodes creuses. Avec un logement bien situĂ©, bien amĂ©nagĂ© et bien gĂ©rĂ©, la rentabilitĂ© peut largement dĂ©passer celle dâune location meublĂ©e classique.
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Oui. La location en Airbnb peut gĂ©nĂ©rer des revenus plus Ă©levĂ©s quâune location classique, surtout dans les zones touristiques.
Pour un appartement T2 ou T3 bien situé, les revenus mensuels varient généralement entre 1 200 et 1 800 ⏠dans une ville moyenne. à Paris, Lyon ou Nice, ce type de logement peut rapporter entre 2 500 et 4 000 ⏠par mois, surtout en haute saison.
Un studio dans une petite ville universitaire ou une maison en zone rurale bien notĂ©e peuvent gĂ©nĂ©rer des recettes moindres (entre 800 et 1 200 âŹ), sauf pendant les pics touristiques. Tout dĂ©pend de la surface, de la localisation, des prestations proposĂ©es et du taux dâoccupation.
Les gains dĂ©pendent de la frĂ©quence des rĂ©servations, des tarifs pratiquĂ©s et des frais engagĂ©s. Certains propriĂ©taires perçoivent quelques centaines dâeuros par mois, dâautres dĂ©passent 3 000 ⏠mensuels.
Il faut soustraire les charges aux revenus locatifs annuels pour obtenir le revenu net, le diviser par le prix dâacquisition du bien, puis multiplier par 100. Cela donne la rentabilitĂ© brute en pourcentage.
Les villes trĂšs touristiques comme Nice, Annecy ou Biarritz sont gĂ©nĂ©ralement les plus rentables. Dâautres villes moyennes peu concurrentielles, comme Vannes ou Troyes, peuvent aussi vous permettre dâobtenir un bon retour sur investissement.
Il faut dĂ©duire les frais de mĂ©nage, les consommables (linge, produits dâaccueil, etc.), vos frais dâassurance et la taxe de sĂ©jour. Selon votre situation, vous devrez prendre en compte les charges de copropriĂ©tĂ©, les commissions Airbnb, ainsi que les frais de conciergerie ou de gestion.
Oui. Avec des outils automatisĂ©s (check-in connectĂ©, messagerie, synchronisation des calendriers) et des prestataires locaux pour le mĂ©nage et lâaccueil, il est possible de tout piloter Ă distance.
Les revenus sont imposĂ©s en BIC (bĂ©nĂ©fices industriels et commerciaux). Vous relevez soit du micro-BIC (abattement de 50 %), soit du rĂ©gime rĂ©el qui permet de dĂ©duire les charges rĂ©elles (intĂ©rĂȘts dâemprunt, entretien, etc.) et les amortissements.
La Ville de Paris ne vous autorise pas Ă louer votre rĂ©sidence principale plus de 90 jours par an. Il nây a pas de limitation de durĂ©e dans les autres cas (rĂ©sidences secondaires, meublĂ© exclusivement touristique, etc.).