Animaux et location meublée : le sujet cristallise souvent les tensions. D’un côté, des locataires attachés à leur animal ; de l’autre, des propriétaires soucieux de préserver leur logement et la tranquillité des lieux. Entre craintes de dégradations et nuisances, les règles sont parfois mal comprises. Voici ce que dit la loi et comment gérer la présence d’animaux de façon claire et sécurisée.
Un propriétaire peut-il interdire les animaux ? En droit français, le principe est clair : en location meublée classique, non, par principe. Le locataire a le droit d’avoir des animaux de compagnie dans un logement loué, tant qu’ils ne causent pas de trouble de jouissance (nuisances sonores, dégradations, insalubrité). Les dégradations causées par l’animal restent à la charge du locataire.
En conséquence, interdire les animaux dans une location meublée via une clause « animaux » dans un bail meublé est considéré comme abusif et donc inopposable. Le droit du bailleur concernant les animaux dans sa location s’inscrit plus largement dans le cadre des obligations du propriétaire en location meublée : il peut exiger un usage paisible du logement et le respect du voisinage, mais non interdire systématiquement un animal.
👉 Peut-on refuser un locataire avec un animal ? Non, si le bail relève du régime meublé classique et que l’animal ne présente pas de trouble avéré.
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Les + :
En location meublée à l’année, la règle est stable : interdire les animaux n’est pas autorisé. Une clause « animaux » dans un bail meublé est réputée abusive et donc sans effet.
Pour sécuriser juridiquement la relation locative, il est essentiel de s’appuyer sur un contrat de location meublé conforme intégrant uniquement des clauses valables et équilibrées.
En cas de dégâts causés par un animal en location meublée, la responsabilité du locataire est engagée (remise en état, retenue sur dépôt de garantie, action en réparation si nécessaire).
Bon à savoir :
Il est possible de rappeler dans le bail l’obligation d’usage paisible du logement et du voisinage, sans interdire l’animal.
En location saisonnière, le cadre juridique diffère nettement du meublé à l’année. Ici, la liberté contractuelle est plus large : le bailleur peut, en principe, accepter ou refuser les animaux. Autrement dit, interdire les animaux dans son Airbnb ou dans toute location de courte durée est possible, à condition que la règle soit clairement indiquée avant la réservation (annonce, conditions de location, règlement intérieur).
Sur les plateformes comme Airbnb, le paramétrage « animaux autorisés ou non » fait partie des options standards. Le non-respect par le voyageur peut justifier un refus d’entrée ou une réclamation.
Ce fonctionnement s’inscrit dans les règles propres au bail de location saisonnière, qui obéit à une logique différente de celle d’une résidence principale.
👉 Animaux acceptés en location saisonnière : c’est un choix du propriétaire. À l’inverse, peut-on refuser un locataire avec un animal ? Oui, dès lors qu’il s’agit d’un séjour touristique et non d’une résidence principale du locataire.
Bon à savoir :
Même lorsque les animaux sont acceptés, le locataire reste responsable de toute nuisance ou dégradation causée pendant le séjour. Le code de la santé publique indique qu’aucun bruit ne doit causer un trouble à la tranquillité du voisinage. En cas de conflit avec le voisinage, le bailleur peut demander la résiliation du bail locatif.
Si, par principe, un propriétaire ne peut pas interdire les animaux en location meublée classique , des exceptions existent toutefois, dans des situations précises et encadrées :
Les animaux dangereux ou relevant de catégories réglementées. Certains chiens dangereux de première catégorie (chiens d’attaque) peuvent justifier des restrictions spécifiques, notamment pour des raisons de sécurité, sous réserve de s’appuyer sur des éléments objectifs, tout comme les animaux exotiques ou non domestiques.
Le règlement de copropriété. S’il interdit explicitement la détention de certains animaux dans l’immeuble, le bailleur peut s’y référer. Cette interdiction doit être formelle et justifiée ; à défaut, elle ne suffit pas à elle seule.
Des contraintes propres au logement peuvent entrer en jeu : surface très réduite, logement meublé fragile, présence d’équipements sensibles. Ces éléments ne permettent pas une interdiction générale, mais peuvent renforcer l’appréciation d’un trouble de jouissance avéré.
Même lorsqu’il ne peut pas interdire les animaux dans une location meublée, le bailleur conserve des droits clairs. Il peut exiger l’absence de nuisances : aboiements répétés, odeurs, dégradations des parties communes ou troubles du voisinage constituent des manquements au droit du bailleur concernant les animaux dans sa location.
Le logement doit être rendu en bon état à la fin du bail. Les réparations liées aux dégradations causées par l’animal (griffures, sols abîmés, mobilier détérioré) sont à la charge du locataire, qu’il s’agisse d’un chien et chat en location meublée ou d’un autre animal de compagnie dans un logement loué.
En pratique, ces réparations peuvent donner lieu à une retenue sur le dépôt de garantie en location meublée, dans les conditions prévues par la réglementation.
Le propriétaire peut également demander une attestation d’assurance responsabilité civile, couvrant les dommages matériels ou corporels causés par l’animal.
Dans un bail meublé, la clause animaux doit être rédigée avec prudence. Interdire les animaux dans une location meublée par principe est à éviter : la clause serait jugée abusive. En revanche, le propriétaire peut encadrer la présence d’animaux de compagnie dans un logement loué.
L’obligation d’un usage paisible du logement et du voisinage.
La responsabilité du locataire pour toute dégradation causée par l’animal.
La nécessité d’une assurance responsabilité civile couvrant l’animal.
Toute interdiction générale (« animaux interdits »).
Une formulation laissant entendre que le bailleur peut refuser un locataire avec un animal sans motif.
« La présence d’un animal est admise sous réserve de l’absence de nuisances et du respect du logement. »
« Les dégradations imputables à l’animal restent à la charge du locataire. »
Lorsque la présence d’un animal de compagnie dans un logement loué génère des difficultés, le droit du bailleur repose sur une gestion progressive et factuelle.
En cas de dégradations, le propriétaire peut les constater (état des lieux, photos, devis) et demander la remise en état. Les réparations restent à la charge du locataire. Le dépôt de garantie peut être mobilisé en fin de bail.
En cas de nuisances sonores ou de troubles du voisinage, la première étape reste la démarche amiable : échange écrit, rappel des obligations du bail. Si les nuisances persistent, des éléments objectifs (témoignages, constats) permettent d’établir un trouble de jouissance. Une traçabilité écrite sécurise la position du bailleur en cas de litige.
Prévoir une interdiction systématique des animaux, alors qu’ interdire les animaux dans une location meublée à l’année est contraire au cadre légal et rend la clause inopposable.
Insérer une clause illégale dans le contrat, laissant croire qu’un bailleur peut refuser un locataire avec un animal sans motif valable.
Réagir trop tard face aux nuisances ou dégradations causées par des animaux de compagnie dans un logement loué, ce qui complique la preuve du trouble.
Confondre meublé et location saisonnière : ce qui est possible pour interdire les animaux dans son Airbnb ne l’est pas en location meublée à l’année.
D’une manière générale, une mauvaise compréhension des règles applicables à la location meublée ou location vide peut entraîner des erreurs juridiques évitables.
En meublé à l’année, un propriétaire peut rarement interdire les animaux : l’interdiction générale n’est en principe pas valable en l’absence de trouble.
En location saisonnière, le bailleur dispose de plus de liberté pour accepter ou refuser les animaux, à condition de l’indiquer clairement.
Un bail bien rédigé et un dialogue clair avec le locataire restent les meilleurs leviers pour prévenir les litiges liés aux animaux.
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En location meublée à l’année, la réponse est en principe non. La loi autorise les animaux de compagnie dans un logement loué, tant qu’ils ne causent pas de trouble de jouissance. Le bailleur ne peut donc pas écarter un candidat uniquement en raison de la présence d’un animal. Il peut toutefois agir ultérieurement si des nuisances ou des dégradations sont constatées.
En location courte durée, la règle est différente. Le propriétaire dispose d’une liberté contractuelle plus large et peut refuser une réservation en présence d’un animal, à condition que cette règle soit clairement annoncée avant la réservation.
Non, interdire les animaux dans une location meublée à l’année, y compris les chiens et chats, n’est pas autorisé. Une clause « animaux » dans un bail meublé est considérée comme abusive. Le propriétaire peut toutefois rappeler les obligations d’usage paisible du logement et la responsabilité du locataire en cas de dégâts.
En meublé à l’année, une clause qui prévoit d’interdire des animaux en location meublée est en principe invalide. Elle ne produit pas d’effet juridique. En revanche, une clause rappelant l’absence de nuisances, l’entretien du logement et la prise en charge des réparations est parfaitement admise. En saisonnier, une interdiction peut être valable si elle est clairement annoncée.
Si l’animal provoque des dégradations, le bailleur peut en demander la réparation. Les dégâts peuvent être constatés (photos, devis, état des lieux) et restent à la charge du locataire. En fin de bail, une retenue sur le dépôt de garantie est possible, dans les conditions prévues par la réglementation.
Oui, dans certains cas. Si le règlement de copropriété prévoit explicitement des restrictions ou une interdiction pour certains animaux, le bailleur peut s’y référer. Toutefois, cette interdiction doit être précise et justifiée. À défaut, elle ne suffit pas à elle seule à interdire les animaux de compagnie dans un logement loué en meublé à l’année.
La loi n’impose pas au locataire de déclarer systématiquement son animal. En pratique, le dialogue reste recommandé. Le bailleur peut rappeler dans le bail l’obligation d’assurance responsabilité civile et le respect du voisinage. L’essentiel n’est pas la déclaration, mais l’absence de nuisances et la restitution du logement en bon état.
Article rédigé par Stéfano Demari