La location de chambres d’hôtes consiste à louer une ou plusieurs chambres meublées au sein de son habitation. Elle s’accompagne de prestations, comme l’accueil des voyageurs et le petit-déjeuner.
Il s’agit d’une activité commerciale, même lorsqu’elle est exercée à titre occasionnel. Les revenus générés sont donc imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Sous conditions, le loueur peut toutefois bénéficier d’une exonération d’impôt, notamment lorsque les loyers perçus restent inférieurs à 760 € par an et que les chambres louées sont situées dans sa résidence principale.
Quelles sont les règles à connaître et dans quels cas précis pouvez-vous être exonéré d’impôt ? Les réponses dans cet article.
Une chambre d’hôtes correspond à la location d’une chambre meublée située dans votre habitation. Il peut s’agir de votre résidence principale ou secondaire, à condition que vous occupiez les lieux pendant la location.
Cette activité implique également certaines prestations. Vous devez assurer un accueil personnalisé des clients et proposer, au minimum, le petit-déjeuner. Ces éléments rapprochent la chambre d’hôtes d’une activité para-hôtelière, même si elle reste encadrée par des règles spécifiques.
Le nombre de chambres proposées reste limité, ce qui confirme le caractère accessoire de l’activité. Elle ne peut pas être exercée comme une activité d’hébergement de grande capacité.
Il convient de ne pas confondre la chambre d’hôte avec le meublé de tourisme. Dans ce dernier cas, le logement entier est loué, sans obligation de présence du propriétaire ni de prestations de services. Le régime fiscal et les conditions d’exploitation diffèrent donc sensiblement.
Les revenus issus de la location de chambres d’hôtes sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), selon le régime de droit commun. Cela signifie que l’administration fiscale considère cette activité comme une activité commerciale.
À la différence de la location meublée classique (LMNP ou LMP), les chambres d’hôtes relèvent de règles spécifiques, notamment en matière d’abattement fiscal et de plafonds de recettes.
Concrètement, deux régimes d’imposition existent pour les chambres d’hôtes :
Il existe enfin un cas particulier : si vous louez une chambre d’hôte à des personnes de passage et que les loyers perçus ne dépassent pas 760 € par an, vous pouvez bénéficier d’une exonération d’impôt.
Sous certaines conditions, cette exonération peut se cumuler avec celle applicable à la location d’une partie de votre résidence principale à un loyer raisonnable. Dans tous les cas, ces revenus doivent être déclarés à l’administration fiscale, même en cas d’exonération.
Pour bénéficier d’une exonération d’impôt, vous devez remplir trois conditions cumulatives. Sans cela, l’exonération ne s’applique pas.
Les chambres louées doivent impérativement être situées dans votre résidence principale. Il s’agit du logement que vous occupez habituellement.
Si cette location se situe dans une résidence secondaire, vous ne pouvez pas bénéficier de l’exonération.
Vous devez louer cette chambre à des personnes de passage. Il doit donc s’agir d’une occupation temporaire (à la nuit, à la semaine ou au mois).
Les recettes annuelles tirées de la location de chambres d’hôtes ne doivent pas dépasser 760 € toutes taxes comprises.
Ce plafond inclut les loyers, mais aussi toutes les prestations annexes (petit-déjeuner, services, etc.). L’administration retient le montant total encaissé, sans déduction de charges.
Si vous dépassez le seuil de 760 €, même légèrement, vous perdez le bénéfice de cette exonération. Dans ce cas, l’ensemble de vos revenus deviennent imposables dans la catégorie des BIC, au régime micro-BIC ou au régime réel.
À retenir : Si vos recettes dépassent 760 € par an, même de quelques euros, l’exonération ne s’applique plus. Vous êtes alors imposé sur l’intégralité des recettes perçues (loyers, charges et prestations), et non uniquement sur la part qui dépasse le seuil.
Prenons deux exemples pour bien comprendre ce mécanisme :
Oui. L’exonération prévue pour les chambres d’hôtes peut être cumulée avec l’exonération applicable à la location d’une partie de votre résidence principale à un loyer raisonnable.
Pour que cette seconde exonération s’applique, le loyer que vous demandez doit respecter des plafonds de loyer, calculés en euros par mètre carré et par an. Ces valeurs sont fixées chaque année par l’administration fiscale et varient selon les zones.
Jusqu’au 31 décembre 2026, le loyer annuel hors charges ne doit pas dépasser :
Autrement dit, si vous louez une chambre à un étudiant ou à un locataire qui y élit domicile, le loyer ne doit pas dépasser ces plafonds multipliés par la surface louée.
Vous pouvez alors cumuler cette exonération avec celle applicable aux chambres d’hôtes, à condition que les recettes annuelles issues de la location de chambres d’hôtes restent inférieures à 760 €.
Par exemple, si vous louez une chambre à un étudiant avec un loyer conforme aux plafonds ci‑dessus, et que vous percevez 700 € de recettes pour vos chambres d’hôtes sur l’année, vous bénéficierez des deux exonérations.
Si les recettes annuelles issues de vos chambres d’hôtes dépassent 760 €, vous perdez l’exonération et devez déclarer l’ensemble des recettes perçues auprès de l’administration fiscale.
Cette somme est alors imposée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), soit au régime micro-BIC, soit au régime réel.
Comme nous vous le disions :
Les chambres d’hôtes et les meublés de tourisme sont deux types de locations meublées, mais la fiscalité et les conditions d’exploitation diffèrent.
La principale distinction repose sur le type de prestations et sur le cadre légal de la location.
| Critère | Chambres d'hôtes | Meublé de tourisme |
|---|---|---|
| Lieu | Partie de la résidence principale du propriétaire | Résidence principale ou secondaire |
| Présence du propriétaire | Obligatoire | Non obligatoire |
| Prestations | Petit-déjeuner, accueil personnalisé, services para-hôteliers | Aucun service obligatoire |
| Imposition | BIC, exonération possible jusqu'à 760 € de recettes annuelles | BIC (régime micro-BIC ou réel) — pas d'exonération spécifique |
| Plafonds / Seuils | 760 € pour l'exonération d'impôt 83 600 € pour le régime micro-BIC |
83 600 € pour le régime micro-BIC |
| Régime réel possible | Oui | Oui |
Vous l’avez compris, louer une chambre d’hôtes dans votre résidence principale vous donne droit à une exonération d’impôt tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 760 €.
Au-delà, vous êtes imposé dans la catégorie des BIC. Vous avez alors le choix entre le régime micro-BIC et le régime réel.
Vous hésitez entre chambres d’hôtes et location meublée (LMNP/LMP) ? Le choix du statut a des conséquences fiscales importantes.
L’exonération s’applique tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 760 € toutes taxes comprises.
Au-delà, vos recettes seront imposées dans la catégorie des BIC, soit au régime micro-BIC, soit au régime réel simplifié.
Oui, les revenus tirés de la location de chambres d’hôtes sont considérés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Le principe veut qu’ils soient imposables. En revanche, vous pouvez être exonéré d’impôt si vous remplissez les 3 conditions suivantes : le logement loué fait partie de votre résidence principale, le locataire n’y élit pas domicile et le montant total de vos recettes annuelles ne dépasse pas 760 €.
Si vos recettes dépassent 760 €, l’exonération ne s’applique plus et vos recettes deviennent imposables.
Ne pas déclarer cette somme peut entraîner un redressement fiscal, avec le paiement des impôts dus et éventuellement des pénalités.
Oui, vous pouvez cumuler l’exonération pour vos chambres d’hôtes avec celle applicable à la location d’une partie de votre résidence principale à un loyer raisonnable, dans le respect des plafonds fixés par l’administration (en €/m²/an).
Les chambres d’hôtes exigent la présence du propriétaire, l’accueil personnalisé et le petit-déjeuner. Les recettes tirées de cette activité peuvent être exonérées d’impôt sous conditions.
Les meublés de tourisme, en revanche, ne nécessitent pas la présence du propriétaire et ne comprennent pas obligatoirement de prestations para‑hôtelières.
Les loyers perçus sont imposables dès le premier euro et ne peuvent pas bénéficier du plafond de 760 €.
Non. Lorsque les recettes issues de la location de chambres d’hôtes ne dépassent pas 760 € par an, elles sont exonérées d’impôt et n’ont pas à être mentionnées dans la déclaration de revenus. Au-delà de ce seuil, l’ensemble des recettes devient imposable dans la catégorie des BIC.
Oui, si vos recettes dépassent le seuil d’exonération mais restent inférieures à 83 600 €, le régime micro-BIC s’applique automatiquement, avec un abattement de 50 % au titre de vos charges. Vous pouvez également opter pour le régime réel si vos charges sont élevées, afin de les déduire pour leur montant exact.
Article rédigé par Stéfano Demari