Vous avez le statut LMNP et souhaitez vendre votre logement ? Si vous cédez votre location meublée à un prix supérieur à son prix d'acquisition, vous dégagerez une plus-value. Cette plus-value représente l'accroissement de la valeur de votre bien au fil des années de détention.
Nos experts vous expliquent dans cette nouvelle vidéo et dans cet article le mécanisme et le calcul de la plus-value immobilière des LMNP.
Bon à savoir :
En tant que loueurs en meublé non professionnels (LMNP), les plus-values réalisées à l’occasion de la cession des locaux d’habitation meublés sont soumises au régime des plus-values des particuliers.
Attention, la plus-value des loueurs en meublé professionnels (LMP) est calculée différemment car elle est soumise à la fiscalité des entreprises.
La plus-value LMNP correspond au gain réalisé lorsque vous vendez votre logement meublé à un prix supérieur à celui auquel vous l’avez acheté. Pour la calculer, il faut appliquer la formule suivante :
Plus-value LMNP = Prix de vente net − (Prix d’acquisition + Frais d’achat + Travaux)
Comme nous vous le disions, la plus-value en LMNP relève du régime des particuliers. Concrètement, elle est soumise à l’impôt sur le revenu à 19 % et aux prélèvements sociaux à 17,2 %.
En revanche, vous pouvez profiter d’un mécanisme d’abattement progressif en fonction de la durée de détention du bien. Concrètement, plus vous conservez ce bien dans le temps, plus la part imposable diminue. Après 22 ans, la plus-value devient totalement exonérée d’impôt sur le revenu. Après 30 ans, elle est également exonérée des prélèvements sociaux.
Les nouveautés en 2025 : la réintégration des amortissements au régime réel BIC
Pour rappel, l'amortissement est un mécanisme fiscal permettant aux loueurs en meublé non professionnels de déduire chaque année une partie de la valeur du logement (hors terrain), des travaux ou du mobilier de leur résultat fiscal. Ce mécanisme est applicable seulement pour les bailleurs ayant opté pour le régime réel d’imposition..
Depuis l’entrée en vigueur de la loi de finances 2025, il faut réintégrer les amortissements déduits fiscalement dans le calcul de la base imposable lors de la ce ssion à titre onéreux d’un bien loué meublé. Seuls sont concernés les amortissements du logement et des travaux, hors mobilier. Concrètement, le prix d’acquisition est minoré des amortissements effectivement déduits fiscalement. Cette réforme est applicable depuis le 15 février 2025.
Il existe toutefois des exceptions :
Si le bien est en résidence service : EHPAD, logement étudiant, résidence pour seniors ou personnes handicapées (hors meublés de tourisme).
Si vous récupérez le logement pour en faire votre résidence principale.
Bon à savoir :
Conformément à l’article 150 VB et à l’article 39 C du CGI, seuls les amortissements
fiscalement déduits sont réintégrés dans la plus-value. Les amortissements
non encore utilisés, comme ceux en report d’une année sur l’autre,
ne sont pas pris en compte.
Prenons l’exemple de Paul. En 2010, il a acheté un appartement pour 300 000 € qu’il a ensuite exploité en LMNP au régime réel. Au fil des années, il a déduit fiscalement 60 000 € d’amortissements. En 2025, il décide de vendre le bien pour 500 000 €.
Avant 2025, la plus-value imposable était calculée à partir du prix de vente diminué du prix d’acquisition majoré des frais d’acquisition et des travaux (forfait de 7,5 % et 15 %).
Dans notre exemple :
Depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits doivent être réintégrés dans le calcul.
Le calcul devient donc : 500 000 € + 60 000 € – 367 500 € = 192 500 €.
Ce montant correspond à la base de calcul de la plus-value imposable, avant application des abattements pour durée de détention et des éventuelles exonérations.
Dans la pratique, le montant réellement imposé peut donc être différent, selon la durée de détention, les exonérations ou situations particulières (donation, succession, etc.).
Le notaire est chargé de l’établissement de la déclaration et du paiement de l’impôt pour le compte du vendeur lors de la publicité foncière. Pour cela, il utilise le formulaire 2048 IMM.
La plus-value brute est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition.
Le prix de cession du logement meublé à retenir est le prix réel tel qu’il est stipulé dans l’acte, majoré de certaines charges et indemnités, et réduit sur justificatif du montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée et des frais supportés par le vendeur à l’occasion de cette cession à condition que leur montant soit justifié (exemple : frais de diagnostics, frais de mainlevée de l’inscription hypothécaire grevant éventuellement le bien).
Le prix d'acquisition du logement meublé à retenir est le prix effectivement acquitté par le cédant, tel qu'il a été stipulé dans l'acte, majoré des frais et dépenses limitativement énumérés par la loi.
Depuis la loi de finances 2025, pour les cessions à compter du 15 février 2025, ce prix d'acquisition est désormais minoré du montant des amortissements déduits fiscalement durant la période de location meublée au régime réel, à l'exception des logements en résidences services (EHPAD, résidences étudiantes ou seniors, établissements spécialisés pour personnes handicapées), les meublés de tourisme restant concernés par cette réintégration.
Il y a notamment :
⚠ À compter des ventes immobilières intervenant depuis le 15 février 2025 (date de promulgation de la loi de finances pour 2025) :
En pratique, les principales dépenses susceptibles de majorer le prix d’acquisition sont donc les suivantes :
Pour calculer la plus-value imposable pour votre location meublée, la plus-value brute est réduite d’abattements par paliers :
Le montant de la plus-value imposable est taxée au taux de 19 %. L’exonération d’impôt sur la plus-value est donc acquise après vingt-deux ans de détention du bien.
Pour la détermination du montant imposable aux prélèvements sociaux des plus-values immobilières, l’abattement pour durée de détention est de :
Le montant de la plus-value imposable est ensuite taxé au taux de 17.2 %.
L’exonération des prélèvements sociaux des LMNP est donc acquise au-delà d’un délai de détention de trente ans.
Les loueurs en meublé non professionnels domiciliés à l’étranger sont soumis aux prélèvements sociaux, avec des règles qui dépendent de leur affiliation à un régime de sécurité sociale obligatoire dans le pays étranger :
Dans tous les cas, les non-résidents doivent désigner un représentant fiscal en France pour déclarer et payer ces prélèvements.
En plus de l’imposition classique, certaines plus-values immobilières peuvent être soumises à une surtaxe lorsque leur montant dépasse 50 000 €. Cette surtaxe est calculée par tranches, avec des taux allant de 2 % à 6 %. L’idée est de taxer de façon progressive les plus-values les plus importantes, afin que seules les cessions les plus élevées soient concernées.
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Tranche de plus-value nette imposable |
Taux de surtaxe |
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50 001 € – 100 000 € |
2 % |
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100 001 € – 150 000 € |
3 % |
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150 001 € – 200 000 € |
4 % |
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200 001 € – 250 000 € |
5 % |
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250 001 € et plus |
6 % |
Reprenons l’exemple de Paul et imaginons qu’il réalise une plus-value nette imposable de
100 000 € avec la vente de son bien (après abattements pour durée de détention). La
part de la plus-value excédant 50 000 € est soumise à la surtaxe sur les plus-values élevées.
Au total, Paul paie 1 000 € de surtaxe (50 000 € x 2 %) sur cette plus-value, en plus de l’impôt sur la plus-value et des prélèvements sociaux.
Lors de la vente de votre bien meublé, vous devez vous rapprocher de votre notaire. Celui-ci se charge de liquider et de payer l’impôt sur la plus-value pour votre compte. Pour cela, il doit utiliser le formulaire 2048-IMM dédié aux plus-values immobilières.
Vous devez aussi reporter le montant de la plus-value nette sur votre déclaration de revenus complémentaire 2042-C.
Pensez à préparer toutes vos pièces justificatives :
Factures de travaux ;
Attestations de diagnostics ;
Justificatifs de frais d’acquisition (notaire, droits d’enregistrement, indemnités, frais de dossier) ;
Tableau récapitulatif des amortissements (si vous êtes au régime réel).
Il existe des cas d’exonérations de la plus-value, notamment :
Exemple : Vous avez acheté un appartement 100 000 € le 30 juin 2018, vous le vendez le 1er janvier 2025 au prix de 170 000 € net vendeur. Les divers diagnostics vous ont coûté 600 €. Il n’y a pas d’inscription hypothécaire.
| Intitulé | Montant | Intitulé | Montant |
|---|---|---|---|
| Prix de cession | 170 000 € | ||
| À déduire : Diagnostics | -600 € | ||
| Prix de cession corrigé | 169 400 € | ||
| Prix d'acquisition | 100 000 € | ||
| + Frais d’acquisition (7,5 %) | 7 500 € | + Travaux 15 % | 15 000 € |
| - Réintégration des amortissements déduits | -14 400 € | ||
| Prix d’acquisition corrigé | 108 100 € | ||
| Plus-value brute | 61 300 € | ||
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Abattement par année de détention (6 % sur base impôt revenu) |
-3 678 € |
Abattement par année de détention (1,65 % sur prélèvements sociaux) |
-1 011 € |
| Plus-value imposable à l’impôt sur le revenu | 57 622 € | Plus-value imposable aux prélèvements sociaux | 60 289 € |
| Impôt sur le revenu (19 %) | 10 948 € | Prélèvements sociaux (17,2 %) | 10 370 € |
| Taxe spécifique pour PV > 50 K | 1 034 € | (57 622 € × 2 %) – ((60 000 - 57 622) / 20) | |
| TOTAL DES IMPOSITIONS | 22 352 € |
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Non, la réforme 2025 sur la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value concerne uniquement les loueurs ayant opté pour le régime réel d’imposition.
Si vous appliquez le forfait de 15 % sur le prix d’acquisition pour les travaux, vous n’avez pas besoin de justificatifs. Le forfait est accepté automatiquement si la vente intervient plus de 5 ans après l’achat. En revanche, pour le montant réel, vous devez fournir les factures et preuves des travaux réalisés par une entreprise.
Une moins-value constatée lors de la vente ne génère aucun impôt sur la plus-value. Elle peut éventuellement être reportée sur une autre cession de bien meublé dans les conditions prévues par la loi, mais elle ne peut pas être déduite de vos revenus imposables.
Oui, la plus-value sur la vente de votre résidence effective est totalement exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, quel que soit le montant de la plus-value réalisée. Cette règle s’applique même si le bien a été précédemment loué en meublé.
Seule la fraction de votre plus-value nette dépassant 50 000 € est soumise à la surtaxe. Le taux est progressif selon des tranches : 2 % jusqu’à 100 000 €, 3 % jusqu’à 150 000 €, 4 % jusqu’à 200 000 €, 5 % jusqu’à 250 000 € et 6 % au-delà. La surtaxe se calcule tranche par tranche. Elle s’ajoute à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
En principe, oui. Toutefois, si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale obligatoire dans l’EEE, au Royaume-Uni ou en Suisse, vous n’êtes soumis qu’au prélèvement de solidarité de 7,5 %. Dans ce cas, l’obligation de désigner un représentant fiscal n’est pas systématique.
Non, seuls les amortissements fiscalement déduits pendant la période de location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value.
Certaines résidences services (EHPAD, étudiantes, seniors, établissements spécialisés pour handicapés) ne voient pas leurs amortissements réintégrés dans le calcul de la plus-value. En revanche, les résidences de tourisme sont concernées par cette réforme.
Le notaire se charge de déclarer votre plus-value en utilisant le formulaire 2048-IMM. Vous devez aussi reporter cette plus-value nette sur votre déclaration de revenus annuels 2042-C.
Il faut la calculer à partir de la date d’acquisition inscrite dans l’acte notarié, et non la promesse de vente. En cas d’indivision ou de succession, le calcul se fait au prorata de votre part dans le bien. La date d’acquisition correspond à celle du dernier acte ayant transféré le bien à votre nom.
Article rédigé par Baptiste BOCHART