L'essentiel :
En tant que propriétaire bailleur, il n'est pas rare de voir l'un des occupants d'un logement demander à se retirer du bail en cours.
Qu'il s'agisse d'une séparation, du départ d'un colocataire ou d'un changement de situation personnelle : quelles démarches cela implique-t-il ? Dans cet article, nous vous guidons point par point pour sécuriser la procédure et éviter les écueils.
Dans un bail signé par plusieurs personnes, notamment en colocation ou dans le cadre d'un couple, une clause de solidarité est souvent intégrée. Elle signifie que chaque signataire est solidairement responsable du paiement de l'ensemble du loyer et des charges, mais aussi des éventuelles dégradations.
Autrement dit, si l'un des colocataires ne paie pas, le propriétaire peut se retourner contre l'un des autres, même s'il a déjà réglé sa propre part.
Cette clause est une sécurité pour le bailleur, mais peut devenir contraignante pour un locataire qui souhaite quitter le logement, car sa responsabilité peut se poursuivre après son départ, dans les limites prévues par la loi.
Se désolidariser d'un bail signifie mettre fin à cette obligation conjointe. Le locataire sortant cesse alors d'être tenu des sommes dues au titre du bail, une fois qu'il a quitté les lieux et que la période de solidarité a pris fin.
Si l'un des locataires souhaite rester dans le logement malgré ce départ, cela implique une procédure spécifique, notamment en matière de préavis et, le cas échéant, de signature d'un avenant avec le bailleur et les cosignataires restants.
Il ne suffit pas de déménager : le départ doit être notifié au bailleur par écrit.
Les colocataires, cosignataires du présent contrat de location, déclarent être tenus solidairement et indivisiblement envers le bailleur du paiement du loyer, des charges, des réparations locatives et de toute somme due au titre du présent bail.
En cas de départ de l'un des colocataires, celui-ci reste solidairement engagé aux côtés des locataires restants pendant une durée de six mois à compter de la fin de son préavis, sauf si un nouveau colocataire est accepté par le bailleur et qu'un avenant au présent contrat est signé, mettant fin à la solidarité du locataire sortant à la date d'effet de cet avenant.
Cette solidarité s'applique également aux engagements pris par le ou les garants éventuels.
Bon à savoir :
En location meublée, le locataire n'est pas tenu de justifier son départ auprès du propriétaire.
Pour le bailleur, la rédaction de la clause de solidarité, de l'acte de caution et des éventuels avenants mérite donc une attention particulière dès la signature du bail.
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Se désolidariser d'un bail ne met pas immédiatement fin à toutes les obligations du locataire sortant. Tant que la solidarité est active, celui-ci reste en principe redevable des loyers impayés, des charges non acquittées et des éventuelles réparations locatives, et ce, même s'il a physiquement quitté les lieux.
Autre point essentiel : si un garant s'est engagé solidairement, ses obligations suivent en général celles du locataire qu'il a cautionné. En colocation, la loi prévoit que l'engagement de la caution du colocataire sortant prend fin dans les mêmes conditions que la solidarité de ce dernier. L'acte de cautionnement doit d'ailleurs identifier, sous peine de nullité, le colocataire dont le congé met fin à l'engagement de la caution.
Il est donc important de comprendre que la sortie du logement n'équivaut pas toujours à une sortie de contrat, tant que le congé n'a pas été donné et que la période de solidarité n'a pas pris fin.
En colocation, la durée de la solidarité est encadrée par l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989, issu de la loi ALUR du 24 mars 2014. En cas de bail unique avec clause de solidarité, le colocataire sortant et sa caution restent solidairement responsables au plus tard six mois après la fin de son préavis. Cette solidarité cesse plus tôt si un nouveau colocataire, figurant au bail, le remplace avant ce délai.
Ce plafond de six mois ne vise pas les époux ou partenaires de PACS qui ont loué ensemble dès l'origine : leur solidarité repose sur des règles propres au Code civil, détaillées plus bas.
| Situation | Origine de la solidarité | Fin de la solidarité du sortant (en principe) |
|---|---|---|
| Colocataires ou concubins cosignataires | Clause de solidarité du bail | Arrivée d'un remplaçant figurant au bail, ou au plus tard 6 mois après la fin du préavis |
| Époux | Code civil (cotitularité du bail du logement familial) | Mention du divorce en marge de l'état civil, ou départ de l'autre époux |
| Partenaires de PACS | Code civil (dettes de la vie courante) | Dissolution du PACS, ou départ de l'autre partenaire |
| Baux individuels (colocation « à la chambre ») | Aucune solidarité entre locataires | Sans objet : chaque bail vit indépendamment |
Un locataire qui se désolidarise doit informer son assureur au plus vite. Deux cas de figure peuvent se présenter :
En tout état de cause, une assurance habitation valide doit couvrir les personnes encore signataires du bail. Un défaut d'assurance peut engager la responsabilité des locataires restants en cas de sinistre.
Avec un bail unique, le départ d'un cotitulaire ne met pas fin au bail, il modifie simplement les parties engagées. Résultat :
Cela peut poser problème en cas de conflit. D'où l'intérêt d'anticiper cette répartition par écrit, ou de la mentionner dans l'avenant au bail.
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Les + :
Dans le cadre du mariage, le logement familial bénéficie d'une protection particulière au regard du Code civil : chaque époux est considéré comme titulaire du bail, même si un seul des époux l'a signé ou que la signature du bail a eu lieu avant le mariage, et quel que soit le régime matrimonial.
Le PACS confère des droits intermédiaires entre le mariage et le concubinage. Les partenaires sont en principe solidairement tenus du paiement du loyer et des charges pendant toute la durée du PACS, que le bail ait été signé par les deux partenaires ou par un seul d'entre eux. Lorsqu'un seul partenaire a signé, les deux peuvent demander conjointement au bailleur à devenir cotitulaires du bail.
La solidarité prend fin en général à la dissolution du PACS, ou lorsque le partenaire resté dans les lieux quitte à son tour le logement. Il est important de notifier ce changement au bailleur et, si nécessaire, de demander un avenant pour clarifier les obligations de chacun.
Cela concerne à la fois les fratries, les colocations étudiantes, les couples sans lien conjugal ou encore des personnes sans lien entre elles.
Dans ce cas, les règles dépendent du contrat de bail signé :
Bon à savoir :
En cas de violences au sein du couple, des règles spécifiques permettent, sous conditions et sur justificatifs (ordonnance de protection ou condamnation par exemple), de mettre fin plus rapidement à la solidarité de la personne qui quitte le logement.
Ces situations ne concernent que les cas où l'un des cosignataires souhaite rester dans le logement.
Si tous les locataires décident de partir, il s'agit alors d'une résiliation classique du bail. La lettre de congé peut être adressée au bailleur soit conjointement, soit séparément par chacun des locataires.
La première étape consiste à notifier son départ au bailleur. Cette notification de congé doit être faite par écrit, et respecter les formes prévues par la loi : lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre émargement ou récépissé, ou acte de commissaire de justice.
Le délai de préavis dépend du type de logement et de sa localisation :
Le préavis court à compter de la réception du congé par le bailleur, et la période de solidarité résiduelle éventuelle commence à la fin de ce préavis.
En présence d'une clause de solidarité dans le bail, il peut être utile d'adresser une demande écrite de désolidarisation, afin de clarifier la date de fin des obligations du locataire sortant et de proposer, le cas échéant, la signature d'un avenant.
Bon à savoir :
En colocation, la fin de la solidarité au plus tard six mois après le préavis découle de la loi et ne dépend pas de l'accord du bailleur. En revanche, l'accord du bailleur reste indispensable pour signer un avenant qui modifie le contrat initial, par exemple pour intégrer un nouveau colocataire et libérer plus tôt le locataire sortant.
Dans le cas d'un couple marié, la convention ou la décision de divorce peut également servir de base pour clarifier les obligations de chacun.
L'avenant au bail est une formalité essentielle dès lors qu'un locataire sort (et qu'un autre entre), ou lorsqu'il y a désolidarisation dans un contexte de clause solidaire. Il permet de mettre à jour les parties prenantes du contrat, mais aussi de clarifier les responsabilités respectives.
Cet avenant doit contenir :
Sans avenant, le bail initial reste valable avec toutes ses obligations, y compris pour celui qui pensait être libéré, dans les limites de durée prévues par la loi.
Il arrive fréquemment qu'une séparation ou une mésentente rende difficile la désolidarisation, en particulier si l'autre cotitulaire refuse de signer l'avenant ou de collaborer à la procédure.
Recours possibles :
Pour qu'une demande de désolidarisation soit claire et exploitable, la lettre peut contenir un certain nombre d'informations précises. Voici les éléments qui y figurent en général :
Bon à savoir :
Cette lettre peut être envoyée en recommandé avec accusé de réception afin de constituer une preuve de la notification au bailleur.
Ce qu'il faut retenir
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Avec un bail unique comportant une clause de solidarité, le colocataire sortant et sa caution restent en principe tenus des sommes dues au bailleur pendant 6 mois après la fin du préavis, ou jusqu'à la fin du préavis si un nouveau colocataire le remplace avant. (Source : service-public.gouv.fr)
En général, oui. Chaque époux est titulaire du bail du logement familial et les époux sont solidaires du loyer et des charges. L'époux qui donne congé reste en principe tenu jusqu'à la fin du préavis de l'autre époux ou jusqu'à la mention du divorce en marge de l'état civil. (Source : service-public.gouv.fr)
En principe, oui. Les partenaires sont solidairement tenus du loyer et des charges pendant toute la durée du PACS, même si un seul d'entre eux a signé le bail. Ils peuvent aussi demander conjointement au bailleur à devenir cotitulaires. (Source : service-public.gouv.fr)
En location meublée, le préavis du locataire est d'un mois. Le congé se donne par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement. (Source : service-public.gouv.fr)
Avec un bail unique, le dépôt de garantie est en principe restitué par le bailleur à la fin du bail, après le départ de tous les locataires. Le colocataire sortant peut toutefois convenir d'un remboursement avec les colocataires restants ou avec le nouveau colocataire. (Source : service-public.gouv.fr)